L’étude de l’histoire des drapeaux de la colonie de la Rivière-Rouge avant, pendant et après la Résistance, illustre de quelle façon les symboles visuels marquaient la diversité, l’adversité et l’appartenance autrefois. Voici un bref aperçu visuel des drapeaux historiques associés à la colonie de la Rivière-Rouge – à la fois réels (c’est-à-dire attestés par des sources historiques) et, peut-être, fictifs (c’est-à-dire que certains drapeaux n’auraient existé que selon des rumeurs).


1534-1763 : PENDANT L’ANCIEN RÉGIME.


Drapeau de la Nouvelle France/New France.

Pour d’autres renseignements, voir « Fleur de lis ».[i]


1670 : CHARLES II D’ANGLETERRE OCTROIE UNE CHARTE A à LA COMPAGNIE DE LA BAIE D' HUDSON [CBH].


Le drapeau britannique, adopté en 1606 et conservé jusqu’en 1800, symbolisant l’union de l’Angleterre et de l’Écosse.

Pour d’autres renseignements, voir « Le drapeau royal de l’Union ».[ii]

L’étendard de la CBH, incorporant le drapeau de l’Union.


1779 : FORMATION DE LA COMPAGNIE DU NORD-OUEST À MONTRÉAL.


Reconstitutions du drapeau historique de la Compagnie du Nord-Ouest [CNO].

Possibilité A.

Possibilité B.

La CNO se livrera à une concurrence – parfois violente – avec la CBH jusqu’en 1821, lorsque les deux compagnies fusionneront et porteront le nom de CBH.

Pour d’autres renseignements sur la création de la CNO, consulter « Les Associés et les partenariats ».[iii]


1801 : INTRODUCTION D’UN NOUVEAU DRAPEAU BRITANNIQUE


Le drapeau symbolise l’union de l’Angleterre et de l’Écosse avec l’Irlande.

À partir de 1801, voici l’étendard de la Compagnie de la Baie d’Hudson qui fut arboré dans les postes de traite de fourrures, notamment à Upper Fort Garry et dans la colonie de la Rivière-Rouge.

En 1873, alors qu’il témoignait lors d’une enquête sur la Résistance de la Rivière-Rouge, l’évêque de Saint-Boniface, Alexandre-Antonin Taché, déclara ce qui suit :

Il n’y avait aucun drapeau britannique dont on fit usage dans le pays [Assiniboia] quelque temps avant les troubles [de 1869–1870]. Quand la compagnie de la baie d’Hudson se servait d’un drapeau, ce n’était pas, à proprement parler, le drapeau britannique, c’était un Union Jack, portant les lettres « H.B.C ».

Vu les lettres « H.B.C. » écrites sur ce drapeau, ce pavillon était considéré comme celui de la compagnie. C’était l’usage de hisser le pavillon les jours du dimanche, mais pendant quelques mois avant les troubles, on cessa de l’arborer et, autant que je puis le savoir, ce pavillon ne fut pas hissé du tout pendant quelques mois.[iv]


1814 :APPARITION D’UN NOUVEAU DRAPEAU PENDANT UNE PÉRIODE DE CONFLIT INTENSE ENTRE LA CBH ET LA CNO


Drapeau de la « nouvelle nation » de Cuthbert Grant fils[v].


1837–1838 : DRAPEAU ARBORÉ PENDANT LES RÉBELLIONS DU haut et du bas-CANADA


Drapeau des Patriotes, aussi appelé l’étendard de Papineau.

Selon l’un des premiers chroniqueurs de l’histoire de la Rivière-Rouge, Alexander Ross, en 1837–1838 :

L’insurrection de Papineau … éclata au Canada ... son écho parvint rapidement jusqu’à nous, [et] renforça le sentiment de désaffection [à l’égard de l’autorité de la CBH]. Les Canadiens de la Rivière-Rouge furent soulagés du succès de la cause de leurs frères. De tous les côtés, des chants patriotiques s’élevèrent en hommage à Papineau. Dans les plaines, les half-breeds fabriquèrent un drapeau, appelé l’étendard de Papineau, qu’ils arborèrent pendant des années en signe de triomphe, et les actions des insurgés furent portées aux cieux.[vi]  (trad.)

Ross faisait référence à la lutte de Louis-Joseph Papineau et du Parti patriote, réclamant l’instauration d’un gouvernement responsable au Bas-Canada. Comme l’explique l’historien Allan Greer :

En 1837–1838, le Canada ne fut jamais aussi près de connaître une révolution. Le régime parlementaire avait cessé de fonctionner au Bas-Canada et un mouvement de « patriotes » prônant la démocratie et l’indépendance se heurta à l’intransigeance britannique.[vii] (trad.)

Ce n’est peut-être pas un hasard si Jean-Louis Riel (c.-à-d. le père du président du Gouvernement provisoire d’Assiniboia, Louis Riel) arriva à la Rivière-Rouge depuis le Bas-Canada en 1838. On ne sait pas s’il avait participé à l’insurrection (auquel cas il se peut qu’il ait fui le Bas-Canada pour éviter l’emprisonnement sommaire, l’exécution ou la déportation/l’exil; encore qu’il se peut aussi qu’il soit tout simplement revenu dans un pays d’accueil préféré – lui qui était né à Île-à-la-Crosse). Il ne fait aucun doute, cependant, que Louis Riel père a transmis les idéaux du mouvement de réforme politique aux habitants de la Rivière-Rouge. Il fut un chef de file (avec James Sinclair), lors des protestations des colons, pendant les années 1840, contre le gouvernement fermé de la CBH — qui n’avait ni d’assemblée législative représentative (élue), ni de conseil responsable (choisi parmi les membres élus d’une assemblée plutôt que nommé par le gouverneur de la CBH).[viii] (trad.)

À l’automne 1869, les membres du Comité National des Métis/Métis National Committee, qui étaient postés à une barricade sur le chemin Pembina, là où il traversait la Rivière Sale/Stinking River, se donnèrent le nom de « Parti patriote » et d’« armée patriote ». Même si on ne dit pas qu’ils portaient un drapeau,[ix] il semble que pendant qu’ils montaient la garde, ils passaient le temps à composer des vers sur l’air de La Marseillaise. Ces vers furent consignés par écrit et « circulés parmi les half-breeds (Sang-Mêlé) du coin ». Ils furent également présentés à William McDougall, le lieutenant-gouverneur, nommé par le Canada, qui fut rejeté.[x]


1869 : APRÈS LA CONFÉDÉRATION, EN 1867, DE TROIS COLONIES DE L’AMÉRIQUE DU NORD BRITANNIQUE


Le drapeau du Dominion du Canada, portant les armoiries de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de la province du Canada (qui comprenait le Canada Est/Bas-Canada/Québec et le Canada Ouest/Haut-Canada/Ontario).


JUIN 1869 : DRAPEAU DU PARTI CANADIEN À LA COLONIE DE LA RIVIÈRE-ROUGE


En juin 1869, le Parlement du Canada ratifia les conditions du transfert de la Terre de Rupert et du Nord-Ouest de la CBH à la Couronne britannique, la date initiale du transfert ayant été fixée au 1er octobre 1869. Il adopta ensuite une loi intitulée An Act for the Temporary Government of Rupert’s Land, 1869, et fit envoyer un lieutenant-gouverneur du Canada — William McDougall — à la Rivière-Rouge pour remplacer le gouverneur et le Conseil de la CBH, et pour installer un gouvernement officiel chargé de la colonie. Connus localement sous le nom de Parti canadien, les Canadiens de la Rivière-Rouge exprimèrent leur satisfaction en arborant un drapeau.

Reconstitution imaginaire du drapeau du Parti canadien.

Possibilité A

Dans une lettre rédigée en 1870 — après avoir été rejeté comme gouverneur, s’être fait refuser l’entrée dans la colonie et être retourné au Canada — William McDougall mentionne que le drapeau du Parti canadien qui flottait à la Rivière-Rouge en 1869 n’était que « le drapeau britannique sur lequel était inscrit le mot Canada ». Alexander Begg, qui habitait dans la colonie à l’époque et tenait un journal dans lequel il consignait ses impressions, fit le commentaire suivant :

Il y a quelque temps, à peu près au moment où l’on apprit le succès de la mission de MM. McDougall et Cartier en Angleterre relative au transfert de ce pays, le Dr S[c]hultz érigea un mât porte-drapeau sur lequel il avait l’habitude de hisser le drapeau britannique avec en son milieu le mot Canada inscrit en lettres blanches. (trad.)

Les deux citations semblent faire référence à la version du drapeau du Parti canadien, telle qu’elle figure ci-dessus à la Possibilité A.[xi]

Reconstitution imaginaire du drapeau du Parti canadien.

Possibilité B

Alexander McArthur, un nouveau venu en provenance du Canada qui arriva à la colonie de la Rivière-Rouge à la fin octobre 1869, fut témoin de certains événements de la Résistance. Dans ses souvenirs, il a inclus des récits d’événements qui se produisirent avant son arrivée. Selon lui :

Au début de l’été 1869, lorsque la colonie apprit le succès des négociations à Londres, le Parti canadien du petit village de Winnipeg (à côté du Fort Garry) estima qu’il s’agissait là d’une grande victoire et, supposant qu’il n’y avait plus rien à faire, considéra que le pays était déjà sous l’autorité du gouvernement canadien. Le Dr Schultz fit ériger un mât porte-drapeau devant le bureau du Nor’-Wester et à côté de son propre cabinet, et il hissa un grand drapeau portant le mot Canada sur toute sa longueur.[xii]

Dans son témoignage en 1874, l’évêque Alexandre-Antonin Taché de Saint-Boniface déclara que « le drapeau de Schultz était hissé, selon moi, en signe d’opposition à la Compagnie de la Baie d’Hudson ». John Christian Schultz était considéré comme un chef de file du Parti canadien à la Rivière-Rouge. Ailleurs, son drapeau est décrit comme « une version improvisée du Red Ensign canadien », ce qui suggère peut-être un drapeau comme celui qui figure ci-dessus.[xiii]

McArthur avait remarqué que le drapeau du Parti canadien avait été « bien évidemment, tout sauf plaisant aux yeux du gouverneur McTavish [sic] ». Le mécontentement venait peut-être du fait que Schultz était peu estimé du gouverneur de la CBH et du Conseil d’Assiniboia. Tout d’abord, Schultz s’était beaucoup endetté. Puis, il avait ignoré la directive du Conseil selon laquelle il devait régler ses créanciers, refusant de payer ou de purger sa peine — ce qu’il évita en fuyant. Le gouverneur de la CBH, William Mactavish, était peut-être irrité du fait que le drapeau de Schultz ressemblât d’aussi près à celui de la Compagnie.

Selon un compte rendu (d’un correspondant américain anonyme), on n’empêcha pas Schultz de hisser son drapeau avant au moins le début de novembre 1869, et peut-être même plus tard. Après que le Comité National des Métis eut pris possession de Upper Fort Garry (le 2 novembre 1869), selon le correspondant :

Dr Schultz a pris l’habitude de hisser le drapeau britannique le dimanche et les jours de fête, avec le mot Canada inscrit sur le fond rouge [ce qui fait allusion au drapeau de la Possibilité B ci-dessus]. J’entends dire que le docteur a l’intention de le hisser demain, comme d’habitude, et, si c’est le cas, on prévoit de graves répercussions.[xiv]

Apparemment, la supposition que le drapeau allait provoquer la colère du Comité National était sans fondement. Toujours selon le témoignage de l’évêque Taché, le drapeau de Schultz « était considéré comme un drapeau de parti parmi les résidents de la Rivière-Rouge. M. Riel était d’opinion que, si un homme dans le pays avait le droit d’arborer son propre pavillon, le même droit devait aussi appartenir à d’autres hommes ».[xv]

Reconstitution imaginaire du drapeau du « Parti canadien ».

Possibilité C

Alexander Jamieson Russell, illustrateur du journal The Canadian Illustrated News (publié à Montréal), imagina le drapeau de Schultz comme quelque chose de semblable au dessin ci-dessus, avec seulement le mot Canada inscrit sur toute la longueur, sur un fond clair. Il inclut le drapeau dans l’illustration de la ville de Winnipeg, ci-dessous.

Town of Winnipeg; 18 décembre 1869; Alexander Jamieson Russell; Canadian Illustrated News; Bibliothèque et Archives Canada; C-048586.[xvi]

Jamieson représenta la ville de Winnipeg depuis l’extérieur de la porte nord de Upper Fort Garry. Le drapeau était au bon emplacement, soit devant le bureau du journal Nor’-Wester, à côté de « Fort Schultz », une grande bâtisse de deux étages qui faisait office de pharmacie, d’entrepôt et d’habitation.


1er JUILLET 1869 : INTRODUCTION POSSIBLE D’ UN DRAPEAU AYANT FAIT L’ OBJECT DE NOMBREUSES RUMEURS


Le drapeau fénien légendaire et controversé

Dans ses souvenirs, Alexander McArthur a inclus une invraisemblable histoire de drapeau qui se serait déroulée avant son arrivée. Selon lui :

Parmi les autres sympathisants du gouverneur et de la compagnie [CBH], il fallait inclure presque tous les Américains présents et, parmi ces derniers, tôt le matin du 1er juillet, des hommes subalternes descendirent l’abominable drapeau [arboré par John C. Schultz] et hissèrent à sa place le drapeau fénien. Évidemment, dès qu’il fut remarqué, le drapeau fut descendu à son tour; mais le Parti canadien fut extrêmement offusqué parce que, le 4 juillet, le gouverneur remit un canon aux hommes coupables d’avoir arboré le drapeau fénien pour qu’ils tirent une salve en l’honneur de la fête de l’Indépendance.[xvii] (trad.)

Apparemment, on estimait que Schultz — qui prenait plaisir à qualifier de « loyaux » tous les gens bien-pensants (c’est-à-dire ceux qui étaient d’accord avec lui) — avait des affinités avec les Orangistes [Protestants]. Le fait que son drapeau ait été confisqué et remplacé par un drapeau Fénien « vert » [catholique] — si un tel événement s’est effectivement produit (il se peut que non) — serait donc un affront de taille.[xviii]

Hugh Francis ‘Bob’ Olone aurait pu être l’auteur d’une telle manigancerie. C’était un Américain qui était propriétaire du saloon, situé de l’autre côté de la rue Main par rapport à la pharmacie du Dr Schultz. À part le fait qu’il avait des origines irlandaises, Olone était opposé au Parti canadien (et allait bientôt devenir membre honorable du Gouvernement provisoire d’Assiniboia). Le fait pour le gouverneur de la CBH, William Mactavish, d’avoir récompensé les « coupables » a peut-être eu quelque chose à voir avec le fait que sa femme, Mary Sarah ‘Sally’ McDermot Mactavish (soeur de Anne ‘Annie’ McDermot Bannatyne, qui frappa le futur beau-frère de Schultz, Charles Mair), était catholique, de même que la moitié des résidents de la colonie de la Rivière-Rouge. Cependant, étant donné que la femme de Schultz, Agnes Campbell Farquharson Schultz, était aussi catholique, semble-t-il, il est possible que le prêt d’un canon pour une « fête populaire » célébrant la résurgence des États-Unis après leur guerre civile récente était tout simplement un acte de courtoisie à l’égard d’un voisin bien apprécié (Olone avait été capitaine dans l’armée de l’Union)

Au Canada, les journaux estimaient que les récits de drapeaux flottant à la Rivière-Rouge méritaient d’être commentés et pouvaient être attisés par les rumeurs de la participation des féniens (des raids féniens s’étant produits lors des négociations initiales sur la confédération canadienne[xix]). Dans une colonne intitulée The Leaders at Red River (les chefs de file de la Rivière-Rouge), l’édition du 14 janvier 1870 du Globe de Toronto rapporta ce qui suit, en plus de critiquer fortement la Résistance :

[Une] … lettre publiée dans L’Evenement de la 10e livraison, nous explique que le déploiement du drapeau dont nous avons tellement entendu parler, n’était pas quelque chose de nouveau. Ce drapeau est utilisé depuis des temps immémoriaux et les Métis de langue française l’ont déployé pendant des années dans toutes leurs diverses entreprises. Il semble que ces drapeaux soient assez nombreux dans cette région. La Compagnie de la Baie d’Hudson en possède un. Les diverses confessions religieuses possèdent aussi leurs propres drapeaux, de même que diverses compagnies de marchands. Cependant, un drapeau n’a jamais été arboré là-bas et il s’agit du drapeau britannique. C’est pourquoi, selon cet auteur, le déploiement du drapeau du nouveau gouvernement ne peut aucunement constituer un manque de respect à l’égard du Red Ensign britannique, car il n’a jamais flotté dans cette région.[xx]

Si l’article faisait référence à un drapeau fénien, il est absurde de prétendre que les Métis avaient l’habitude d’arborer ces couleurs. Si le drapeau en question était celui de la Nouvelle-France, alors le point de vue peut se comprendre, car « les armoiries royales de France, avec les trois fleurs-de-lis dorées sur un fond bleu, étaient l’emblème royal arboré chaque fois que des explorateurs français revendiquaient de nouvelles terres en Amérique du Nord ». Toutefois, ce drapeau ne remontait pas à des « temps immémoriaux », même en France. Le dernier point de l’article peut être discuté, selon ce que l’on entend par « Red Ensign britannique » et si le drapeau de la CBH était effectivement celui-là.[xxi]

En juillet 1870, le journal local de la Rivière-Rouge, le New Nation, publia un avis réfutant la « diffamation » qui avait circulé au Canada et qui accusait Eleanor Eliza Cripps Kennedy, la femme canadienne du capitaine William Kennedy, un résident métis respecté de la Rivière-Rouge, d’avoir brodé un drapeau fénien qui fut « hissé au Fort Garry » pendant la Résistance.[xxii] L’illustration ci-dessus prétend montrer un drapeau créé en 1869 dans la colonie, soit-disant conçu par Louis Riel et utilisé pour les deux gouvernements provisoires (de 1869–1870 et de 1885) auquel il participa. Cependant, aucune source connue n’appuie de telles allégations.[xxiii]


4 JULLLET 1869 : DRAPEAU AMÉRICAIN HISSÉ  PENDANT LES CÉLÉBRATIONS DANS LA VILLE DE WINNIPEG[xxiv]


Remarquer qu’à l’époque, 37 états font partie de l’Union.


2 NOVEMBRE 1869 : DRAPEAU POSSIBLE DU COMITÉ NATIONAL DES MÉTIS


Reconstitution imaginaire du drapeau soi-disant hissé à Upper Fort Garry.

Dans son édition du 24 novembre 1869, le Tribune de Minneapolis annonçait que la « République des Half-breeds » s’était instaurée à Upper Fort Garry depuis le 2 novembre 1869. Il prétendait aussi que, depuis le 6 novembre, « Un nouveau drapeau a été adopté, composé d’un fond blanc sur lequel figurent trois croix — la grande au milieu de couleur rouge, les deux plus petites sur les côtés de couleur dorée. Le fond blanc est entouré d’un cadre également doré ».[xxv] (trad.)

Il est utile de faire remarquer que les capitaines chargés de la chasse au bison de la Rivière-Rouge avaient chacun un drapeau de signalisation représentant leur groupe de chasseurs. Il est possible que le premier drapeau arboré par les colons de la Rivière-Rouge à Upper Fort Garry signalait à l’ensemble de la communauté quel groupe ou quels groupes de chasseurs traditionnels avaient occupé les lieux. Le drapeau était peut-être celui de l’unité de chasseurs de Saint-Norbert ou de Saint-Vital, ou encore c’était peut-être un nouveau drapeau indiquant la fusion des deux groupes. William McDougall, le lieutenant-gouverneur canadien désigné qui n’avait pas été autorisé à pénétrer dans la colonie, avait d’ailleurs fait allusion aux occupants de Upper Fort Garry en parlant d’une « faction qui ralliait les chasseurs de bison à leur étendard ».[xxvi] (trad.)

Reconstitution imaginaire d’un drapeau qui aurait été arboré pendant la Résistance de 1885 et dont le dessin faisait peut-être référence à un groupe de chasseurs de la Rivière-Rouge ou de Pembina.


10 DÉCEMBRE 1869 : DRAPEAU DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE


Reconstitution imaginaire du drapeau du Gouvernement provisoire, selon la version de Henry Woodington.

Selon Henry Woodington, qui comptait parmi les membres de la milice de volontaires canadiens faits prisonniers le 7 décembre 1869 après leur abdication à « Fort Schultz » (la pharmacie), le drapeau du Gouvernement provisoire est « en lainage feutré mesurant 2 pieds sur 3. Il comporte trois fleurs de luce [sic], la fleur de France, occupant toute la surface ainsi qu’un trèfle au milieu du bord inférieur ».[xxvii] (trad.)

Selon le gouverneur de la CBH, William Mactavish, le drapeau du premier Gouvernement provisoire avait été hissé à Upper Fort Garry, « avec beaucoup de cérémonie », car ce gouvernement avait été proclamé le 10 décembre 1869. Il ne fit pas de description du drapeau, ce qui est dommage, car les descriptions existantes divergent sur les détails du dessin.[xxviii]

Reconstitution imaginaire, selon la description de l’évêque Alexandre-Antonin Taché.

Selon l’évêque Alexandre-Antonin Taché (qui n’était pas présent dans la colonie à l’époque), « Le drapeau dont se servit le Gouvernement provisoire était le drapeau français avec la fleur de lis, à laquelle fut ensuite ajoutée la feuille de trèfle ». Cependant, Taché ne précisa pas de quel drapeau français il s’agissait. Même si celui qu’il décrit au début de cet article semble logique, le drapeau de France avait plusieurs variantes — qui portaient aussi la fleur de lys.[xxix]

Envoyé à la Rivière-Rouge à titre de commissaire du Canada, Donald A. Smith déclara que, pendant son séjour dans la colonie, il s’opposa à ce que l’on arbore la « Fleur-de-lis et les trèfles » lors du grand rassemblement en plein air des 18 et 19 janvier 1870.[xxx] Il s’y opposa peut-être en partie en raison de rumeurs selon lesquelles, en hissant le drapeau du Gouvernement provisoire, on avait descendu un drapeau britannique. Toutefois, selon Taché, « le drapeau britannique n’a jamais été abattu » — parce qu’un drapeau royal de l’Union ne fut pas hissé à Fort Garry pendant au moins deux ans.

Reconstitution imaginaire, selon la description d’Alexander Begg.

Selon Alexander Begg (qui était dans la colonie à cette époque-là et qui consignait le déploiement et le roulement des drapeaux[xxxi]), « le drapeau du Gouvernement provisoire » portait « la fleur de lys et le trèfle sur son battant ». Il inséra un carré dans son journal, dans lequel il promit de dessiner le motif du drapeau mais il n’en fit rien.[xxxii] L’expression, « sur son battant », employée par Begg, fait référence à l’espace sur un drapeau ou ensign britannique où l’on place un écusson colonial — d’où le dessin imaginé ci-dessus.

En passant, un trèfle figurait (et figure encore) sur l’écusson de la ville de Montréal.

Le castor, le chardon, la rose et le trèfle étaient les quatre symboles originaux de l’écusson de Montréal. Le castor disparut en 1938 pour être remplacé par une fleur de lys.[xxxiii]


FÉVRIER 1870 : DREAPEAU DE LA PAROISSE DE KILDONAN


Reconstitution imaginaire

Pendant la résistance, la paroisse de Kildonan arbora aussi un drapeau décrit ainsi : « un grand étendard sur lequel étaient brodés les mots God Save The Queen ».


7 AVRIL 1870 : DRAPEAU HISSÉ À UPPER FORT GARRY PAR LE GOUVERNEMENT PROVISOIRE D' ASSINIBOIA


Selon Alexander Begg, le drapeau arboré par le Gouvernement provisoire d’Assiniboia, à partir du 7 avril 1870, fut le drapeau d’Angleterre. Il ne mentionna aucun emblème « sur le battant », ce qui laisse penser qu’il s’agissait peut-être du drapeau royal de l’Union.

Le 7 mai 1870, l’évêque Alexandre-Antonin Taché écrivit à l’honorable Joseph Howe, secrétaire d’État canadien aux affaires provinciales, que six semaines après son arrivée dans la colonie le 9 mars,

le « drapeau du parti » (qui ne fut jamais le drapeau fénien) fut remplacé par le vieux drapeau Union Jack, non sans quelques difficultés, et le noble pavillon britannique n’a cessé depuis de flotter. La paix et la confiance règnent et toute la population, sans exception, compte avec joie sur une prompte solution de toutes les difficultés passées au moyen d’une union complète et pacifique avec le Canada.

Taché déclara fermement : « le drapeau fénien n’a jamais été arboré, quoi qu’en aient dit les journaux ».[xxxiv] 0

Au cours de son témoignage en 1874, Taché rappela que lorsque le corps expéditionnaire arriva à la colonie le 23 août 1870, « le drapeau britannique flottait alors sur [Upper] Fort Garry ». Il expliqua que « une pluie abondante tomba durant la nuit, et l’on descendit le drapeau anglais pour cette raison ce matin-la [27 août]. Je l’avais vu moi-même flotter le soir précédent ».[xxxv]


JUILLET 1870 : DRAPEAU DU DOMINION APRÉS LA CRÉATION DU MANITOBA


Le 23 juillet 1870, le journal de la Rivière-Rouge, le New Nation, publia un article intitulé « Dominion Flags », qui indiquait que le drapeau arboré par le Dominion, dans lequel la nouvelle province du Manitoba venait d’entrer, était :

l’enseigne bleue portant les armoiries du Dominion sur le battant. Les armes de chacune des quatre provinces sont regroupées dans un écu, l’écu étant entouré d’une guirlande de feuilles d’érable surmontée d’une couronne. L’enseigne est jolie mais certaines personnes pensent qu’elle est trop « étrangère ». Le drapeau du gouverneur-général est le drapeau royal de l’Union, avec les armes ci-dessus ou insigne du Dominion peint dans un écu en son centre. Le drapeau des lieutenants-gouverneurs des provinces correspond au drapeau royal de l’Union , avec les armes des provinces respectives figurant sur un écu en son centre, entouré d’une guirlande de feuilles d’érable.


JUILLET 1870 : DRAPEAUX DES COLONIES DE L'AMÉRIQUE, AVANT LEUR CONFÉDÉRATION


Drapeau de la colonie de Terre-Neuve.

Drapeau de la colonie de Colombie-Britannique.

En 1870, la colonie de l’Île-du-Prince-Édouard [I.P.E.] ne disposait pas d’un drapeau. Après son entrée dans la Confédération du Canada en 1873, I.P.E. finit par adopter un insigne (en 1878). Le dessin de l’insigne s’inspirait du sceau public de l’île St. John’s — soit le nom de l’île quand elle est devenue colonie distincte de la Nouvelle-Écosse en 1769 (le nom d’île-du-Prince-Édouard fut adopté en 1799).

L’écu « représentait un chêne et trois petites gaules accompagnés d’une devise latine signifiant le grand protège le petit. Le chêne représentait la Grande-Bretagne et les gaules les trois comtés de l’île (le roi, la reine et le prince) ».[xxxvi]

VERS AOÛT 1870 : DRAPEAU MYSTÉRE 1.

Drapeau présumé « fabriqué par des soldats canadiens et arboré au-dessus du Fort Garry » après l’arrivée du corps expéditionnaire de la Rivière-Rouge.

Une certaine « Mademoiselle Sybil Inkster » fit don de ce drapeau au Musée du Manitoba vers 1968. Selon un « article de journal », le shérif Colin Inkster « utilisa ce drapeau » lors de l’inauguration d’un cairn en 1927. L’article faisait aussi état du lien entre le drapeau et les soldats canadiens. Cependant, James B. Stanton remarqua que « le drapeau montré ici ne correspond à aucun de ceux que nous connaissons » et qui ont été arborés pendant ou après la résistance, mais qu’il « ressemble de très près au drapeau figurant dans le dessin du Fort Douglas réalisé par Lord Selkirk » (ci-dessous).[xxxvii]

Détail de dessin au crayon de Thomas Douglas, intitulé « Fort Douglas » (1817), reproduit dans l’ouvrage de George Bryce, Lord Selkirk’s Colonists, p. 112, et dans Manitoba, p. 160.

Le cairn et la plaque de Fort Douglas ont été inaugurés en 1925 près du coin nord-ouest de l’intersection de l’avenue Higgins et de la rue Maple — peut-être que l’article de journal faisait référence à l’événement de 1925 et mentionnait « 1927 » par erreur.

VERS AOÛT 1870 : DRAPEAU MYSTÈRE 2.

Un drapeau semblable à celui qui figure ci-contre est peut-être « arrivé avec l’un des régiments qui est venu ici en 1870 ».

Pour voir une photographie du drapeau en question et en apprendre davantage sur son origine, consulter James B. Stanton, The Fenian Raids, 1866 – 1870, dans la publication Manitoba Pageant 17, no 2 (hiver 1972).

DRAPEAU DU MANITOBA

La nouvelle province du Manitoba ne disposait pas de son propre drapeau tout de suite après s’être jointe à la Confédération du Canada. Il semble que le premier drapeau « provincial » ait été le Red Ensign canadien. La province du Manitoba n’était pas officiellement incorporée dans le dessin du drapeau (ni les provinces qui se joignirent par la suite à la Confédération canadienne). Toutefois, divers fabricants de drapeaux ont quand même créé des écussons sur le flottant pour indiquer les nouvelles provinces. Le Red Ensign canadien qui figure juste ci-dessous montre un écusson créé après l’entrée du Manitoba dans la Confédération, mais avant l’entrée de la Colombie-Britannique ou celle de l’Île-du-Prince-Édouard.


1871 : RED ENSIGN CANADIEN


Détail de l’écu

Remarquer, pour le Manitoba, la créature imprécise qui ressemble à un bison, au coin inférieur droit, sous la croix de Saint-Georges [le drapeau traditionnel de l’Angleterre] qui semble porter un insigne supplémentaire [très probablement la couronne royale — voir la description du grand sceau du Manitoba en 1870, ci-dessous).

Le Manitoba s’est vu accorder un écusson officiel avant de se voir accorder son propre drapeau officiel. Dans le journal New Nation (du 20 août 1870), un article intitulé The Great Seal of Manitoba (le grand sceau de Manitoba) indiquait qu’Ottawa préparait un sceau « comportant la croix de Saint-Georges et la couronne royale, ainsi qu’un bison sur fond vert ».

Même si un décret en conseil d’août 1870 créa le sceau provincial, ce n’est qu’en 1905 qu’« un décret royal autorisa les armoiries du Manitoba. L’écusson vert porte un bison, un animal qui donnait de la nourriture et des vêtements aux groupes autochtones et aux premiers colons, et qui fournissait à ces derniers un excellent produit d’exportation ».[xxxviii]


1907 : RED ENSIGN CANADIEN



1922 : RED ENSIGN CANADIEN 



15 FÉVRIER 1965 : DRAPEAU CANADIEN


Le drapeau à feuille d’érable


12 MAI 1966 : DRAPEAU DU MANITOBA


La décision d’adopter l’actuel drapeau du Manitoba a été prise après que le gouvernement fédéral a décidé de remplacer le Red Ensign canadien par le drapeau à fleur d’érable. Après que la reine Elizabeth II autorisa l’utilisation du drapeau de l’Union (le Union Jack) en octobre 1965, l’Assemblée législative du Manitoba adopta un projet de loi reconnaissant le drapeau le 11 mai 1965. Le drapeau fut officiellement adopté par proclamation le 12 mai 1966.

UN DRAPEAU MIS AU RANCART

Une victime du Great Canadian Flag Debate (grand débat sur le drapeau canadien).

Consulter aussi « Une sélection de drapeaux proposés pour le Canada, 1895–1964 »[xxxix] pour voir des modèles historiques de drapeaux canadiens qui ne furent pas adoptés.

[i] « La fleur de lis », Drapeaux historiques, Patrimoine canadien, Gouvernement du Canada,http://www.pch.gc.ca/fra/1359646670240/1359646765485.

[ii] « Le drapeau royal de l’Union », Drapeaux historiques, Patrimoine canadien, Gouvernement du Canada, http://www.pch.gc.ca/pgm/ceem-cced/symbl/101/107-fra.cfm.

[iii] « Les Associés et les partenariats », En quête d’aventure : La traite des fourrures au Canada et la Compagnie du Nord-Ouest, McGill University, http://digital.library.mcgill.ca/nwc/french/toolbar_1.htm.

[iv] Canada, Parliament, House of Commons,” Report of the Select Committee on the Causes of the Difficulties in the North-West Territory in 1869–70,” Journals of the House of Commons 8 (Appendix 6), [Ottawa: I.B. Taylor] 1874; également publié sous : Parlement du Canada, Chambre des Communes, “Rapport du Comité spécial sur les causes des troubles du Territoire du Nord-Ouest en 1869–70, Journaux de la Chambre des Communes 8 (annexe 6), 1874), 31 (le numéro de page correspond à l’édition anglaise).

[viii] Voir Darren O’Toole, “The Red River Resistance 1869–1870: The Machiavellian Moment of the Métis of Manitoba,” thèse de doctorat (Ottawa: University of Ottawa, 2010), 106–110; W.L. Morton, « Riel, Louis », DBC, http://www.biographi.ca/fr/bio.php?id_nbr=4672; Irene M. Spry, « Sinclair, James », DBC, http://www.biographi.ca/fr/bio.php?BioId=38311.

[ix] De même, peu d’écrits indiquent que les membres du « Peace Party », dirigés à la fin octobre 1869 par William Dease et organisés pour tenter d’autoriser le lieutenant-gouverneur désigné du Canada, William McDougall, à pénétrer dans la colonie, possédaient un drapeau à eux. Toutefois, selon le New Nation (18 février 1870), un drapeau de « Point Coupee » avait peut-être existé. Voir “Objectors to a Provisional Government, 29 Nov. 1869, dans le site Provisional Government of Assiniboia, pour obtenir des notes sur le « Peace Party » de Dease.

[x] Source : Ministère des Colonies de la Grande-Bretagne et Gouverneur général du Canada, “Correspondence Relative to the Recent Disturbances in the Red River Settlement; Presented to both Houses of Parliament by Command of Her Majesty, August, 1870,” Blue Book Reports for 1869 and Journals of the House of Commons (London: William Clowes and Sons, 1870), 15; “Songs of the Resistance,”dans le site Provisional Government of Assiniboia.

[xi] William McDougall, “Letter V,” The Red River Rebellion: Eight Letters to Hon. Joseph Howe (Toronto: Hunter, Rose and Company, 1870), 35. Alexander Begg, Alexander Begg’s Red River Journal And other Papers Relative to the Red River Resistance of 1869-70, éd. W.L. Morton (Toronto: Champlain Society, 1956), 175. James B. Stanton dans “A Mysterious Canadian Ensign,” Manitoba Pageant 16, n3 (printemps 1971), http://www.mhs.mb.ca/docs/pageant/16/mysteriousensign.shtml, sous-entend que, selon le Rév. A.G. Morice, le drapeau était « un drapeau royal de l’Union sur lequel figurait le mot Canada », mais dans A Critical History of the Red River Insurrection After Official Documents and Non-Catholic Sources (Winnipeg: Canadian Publishers, 1935), 194, A.G. Morice décrit le drapeau ainsi : « le drapeau [de la CBH] avec le mot CANADA en majuscules ».

[xii] Alex McArthur, “On the Causes of the Rising in the Red River Settlement, 1869-70,” MHS Transactions sér. 1, no 1 (5 octobre 1882), http://www.mhs.mb.ca/docs/transactions/1/redriverrising.shtml.

[xiii] Stanton, “Mysterious Canadian Ensign,” http://www.mhs.mb.ca/docs/pageant/16/mysteriousensign.shtml; McDougall, “Appendix,” Red River Rebellion: Eight Letters, 62.

[xiv] Ministère des Colonies de la Grande-Bretagne et Gouverneur général du Canada, Correspondence Relative to the Recent Disturbances in the Red River Settlement; Presented to both Houses of Parliament by Command of Her Majesty, August, 1870 (London: William Clowes & Sons, for Her Majesty’s Stationery Office, 1870), 28.

[xvi] Voir aussi Alex. J. Russell, The Red River Country, Hudson’s Bay & North-West Territories considered in relation to Canada (Montreal: G. E. Desbarats, 1870), 8–9.

[xvii] McArthur, “On the Causes of the Rising in the Red River Settlement,” http://www.mhs.mb.ca/docs/transactions/1/redriverrising.shtml.

[xviii] David A. Wilson, “The Fenians in Canada,” Collections Canada, http://www.collectionscanada.gc.ca/obj/033001/f2/033001-1402.7-e.pdf.

[xix] “Fenian Raids, 1866,” Road to Confederation, A Country by Consent,  http://www.canadahistoryproject.ca/1850/1850-08-fenians.html

[xx] “The Leaders at Red River,” Toronto Globe (14 janvier 1870).

[xxi] « Drapeaux  historiques », http://www.cmhg.gc.ca/cmh/page-489-fra.asp.

[xxii] A Slander Refuted,” New Nation (16 juillet 1870). Voir aussi “Aftermath: The ‘Reign of Terror’,”dans le site Provisional Government of Assiniboia.

[xxiii] Ni User:Mikewazhere, qui a téléchargé l’image pour l’utiliser dans l’article “Provisional Government of Saskatchewan,” de Wikipedia, à https://en.wikipedia.org/wiki/Provisional_Government_of_Saskatchewan, ni aucun des autres sites publiant des versions du drapeau, ne fournissent de sources pour en attester l’authenticité historique. Il est plus probable que le drapeau qu’ils décrivent (ou un drapeau qui lui ressemble), était le drapeau légendaire qui avait été hissé devant la pharmacie de Schultz. Pour voir un exemple d’explication, consulter World Stateman.org, à http://www.worldstatesmen.org/Canada_Provinces_A-O.html. Il y a peut-être confusion entre l’histoire d’un drapeau fénien et le drapeau original de l’Union Nationale Métisse remis par André Nault à la Société historique de Saint-Boniface. Pour connaître le drapeau actuel de l’Union Nationale Métisse de Saint-Joseph du Manitoba, voir http://www.unionnationalemetisse.ca/.

[xxiv] Apparemment, le drapeau à « étoiles et rayures » aurait flotté ou été arboré de façon permanente au magasin de W.C. Fonseca, à Point Douglas. Voir les annonces du New Nation (1870), par exemple celle du 3 février 1870, à http://manitobia.ca/content/fr/newspapers/NNT/1870/02/04/3/Ar00301.html/Olive et à http://manitobia.ca/content/fr/newspapers/NNT/1870/02/04/3/Ar00317.html/Olive.

[xxv] Ministère des Colonies de la Grande-Bretagne et Gouverneur général du Canada, Correspondence Relative to the Recent Disturbances, 26, 27.

[xxvi] McDougall, “Letter IV,” Red River Rebellion: Eight Letters, 32.

[xxvii] Voir l’article de Henry Woodington, “Diary of A Prisoner in Red River Rebellion,” publié dans Niagara Historical Society 25 (1913), 52–53, à http://archive.org/stream/publications25niag#page/32/mode/2up et http://archive.org/stream/publications25niag#page/32/mode/2up; voir aussi Morice, Critical History of the Red River Insurrection, 193.

[xxviii] Ministère des Colonies de la Grande-Bretagne et Gouverneur général du Canada, Correspondence Relative to the Recent Disturbances, 191. Stanton, “A Mysterious Canadian Ensign,” http://www.mhs.mb.ca/docs/pageant/16/mysteriousensign.shtml, l’ancien directeur de la division de l’histoire humaine du Musée de l’homme et de la nature du Manitoba, James B. Stanton, fit la remarque suivante : « Les descriptions [du drapeau] varient selon le chroniqueur et aucune ne correspond au drapeau exposé au Musée de Saint-Boniface ».

[xxix] Le drapeau tricolore fut adopté en France en 1794.

[xxx] Parlement du Canada, Chambre des Communes, Rapport du Comité spécial sur les causes des troubles, 30, 31, 41, 45. Ministère des Colonies de la Grande-Bretagne et Gouverneur général du Canada, Correspondence Relative to the Recent Disturbances, 153, 191. Pour voir des exemples de drapeaux de l’Ancien Régime, consulter « Drapeau blanc, drapeau de combat », Passerelle pour l’histoire militaire canadienne, http://www.cmhg.gc.ca/cmh/page-214-fra.asp.

[xxxi] Voir la chronologie “During 1870 (Mar. continued), dans le site Provisional Government of Assiniboia, et les références d’Alexander Begg aux drapeaux de Upper Fort Garry.

[xxxii] Voir Begg, Red River Journal75225.

[xxxiii] Jacques Viger, détail de l’illustration, « Armoiries de Montréal, version originale de 1833/Coat of arms of Montreal, original version of 1833 » dans Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/File:Armoiries_Montreal_1833.jpg.

[xxxiv] Parlement du Canada, Chambre des Communes, Rapport du Comité spécial sur les causes des troubles, 27–28, 30, 41.

[xxxv] Ibid., 45.

[xxxvi] Voir Rob Raeside, Historical Flags of Prince Edward Island, Flags of the World, http://www.crwflags.com/fotw/flags/ca-pe_h.html; Alistair B. Fraser, “Prince Edward Island,” The Flags of Canada, http://www.fraser.cc/FlagsCan/Provinces/PEI.html; “Great Seal,” Island Information, The Government of Prince Edward Island, http://www.gov.pe.ca/infopei/index.php3?number=68825&lang=E; Gouverneur général du Canada, « Île-du-Prince-Édouard », Registre public des armoiries, drapeaux et insignes du Canada, http://reg.gg.ca/heraldry/pub-reg/project-pic.asp?lang=e&ProjectID=298&ProjectElementID=1257.

[xxxviii] “Manitoba, flag of,” Encyclopedia Britannica en ligne, http://www.britannica.com/topic/flag-of-Manitoba.

[xxxix] « Une sélection de drapeaux proposés pour le Canada, 1895–1964 », Patrimoine canadien, Gouvernement du Canada,  http://publications.gc.ca/collections/collection_2008/ch-pc/CH4-131-6-2008F.pdf.