La forme de gouvernement qui allait représenter la population d’Assiniboia après l’entrée dans la confédération du Canada était la question fondamentale pour le mouvement de résistance de 1869–1870.

Qualifier la Résistance de conflit « racial », ethnique, culturel, « opposant les civilisés aux sauvages » ou « opposant les agriculteurs aux chasseurs » ignore la dimension politique de l’événement ainsi que la chronologie de l’histoire politique du Canada. Les débats des conseils d’Assiniboia, des conventions et de l’Assemblée législative d’Assiniboia, ainsi que les déclarations publiques faites dans la presse à la Rivière-Rouge, montrent clairement que la Résistance était un événement politique.

La population de la Rivière-Rouge fit son possible pour obtenir un gouvernement représentatif et responsable. La question fut abordée lors de la Grande Convention, qui s’interrogea pour savoir si, en acceptant de se joindre à la confédération canadienne, elle devait exiger que des représentants élus aient le pouvoir de déroger au véto d’un gouverneur. Le juge John Black fit la remarque suivante :

Je pense que nous vivons une époque essentielle de l’histoire de notre pays [Assiniboia]; … Dans quelle situation nous trouvons-nous? Nous aurons en même temps les avantages d’un gouvernement responsable dans ce pays – un atout obtenu par d’autres pays uniquement après des années, parfois des générations de dur labeur et de troubles … Et, si nous pensons aux conflits dans lesquels se sont trouvés d’autres peuples avant même d’avoir ... un gouvernement responsable,— ne devrions-nous pas être très prudents afin de ne pas risquer de perdre les avantages envisagés?

Les membres de la Grande Convention réagirent aux observations de Black par des acclamations.[i]

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Thomas Bunn

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[i] Voir “Convention at Fort Garry,” New Nation (4 février 1870), http://manitobia.ca/content/en/newspapers/NNT/1870/02/04/2/Ar00201.html/Olive.