Les femmes représentaient juste un peu moins de la moitié de la population adulte de la colonie de la Rivière-Rouge (environ 4 000 femmes et hommes de plus de 21 ans). De l’avis d’Alexander Kennedy Isbister, un avocat métis, à partir de 1861, pratiquement « toute femme mariée et mère de famille dans tous les territoires de la baie d’Hudson, depuis les épouses des gouverneurs de Colombie-Britannique et de la colonie de la Rivière-Rouge jusqu’aux autres femmes mariées », était d’origine autochtone.[i]

Dans les familles métisses de la Rivière-Rouge, ce sont les femmes qui prenaient principalement soin des enfants pendant une période cruciale pour la transmission des normes culturelles — soit la période pendant laquelle l’apprentissage de la langue, et ses philosophies inhérentes, structure les voies neurales du cerveau.[ii] La première langue des mères métisses de la Rivière-Rouge (et semble-t-il leur langue préférée pour converser) était une langue autochtone : probablement surtout le Michif et le Bungee, proches du Cri et de son parent linguistique l’Anishinaabemowin.[iii] Cependant, certaines mères possédaient d’autres racines linguistiques comme le Sioux, le Salish et probablement l’Iroquois.[iv]

Les femmes participaient au fonctionnement quotidien non seulement des familles mais de la communauté dans son ensemble. Que ce soit pour mieux faire comprendre la réalité culturelle de la colonie pendant la Résistance, ou son fonctionnement social, on ne peut pas ignorer la présence ni la participation des femmes.

— Contenu en Ligne:

Women at Red River and the Resistance, 1869–1870” (les femmes de la Rivière-Rouge et la Résistance), dans le site Provisional Government of Assiniboia.

Médias connexes

Women of Red River

[i] Alexander Kennedy Isbister, cité dans l’ouvrage de W.L. Morton, Manitoba – A History (Toronto : University of Toronto Press, 1957), 91.

[ii] Voir Jay Miller, “Families,” Encyclopedia of North American Indians, 192; George William Sanderson, “The Ethnic Voice: The ‘Memories’ of George William Sanderson, 1846-1936,” éd. Irene M. Spry, Canadian Ethnic Studies 17 (1985): 116–118;  Guillaume Charette, L’espace de Louis Goulet, éd. Elizabeth Maquet (1976; réimprimé en anglais sous le titre Vanishing Spaces (Memoirs of a Prairie Métis), trad. Ray Ellenwood, Winnipeg : Editions Bois-Brulés, 1980), 7 (les numéros de page sont ceux de l’édition anglaise); Joseph F. Dion, My Tribe the Crees, éd. Hugh A. Dempsey (Calgary: Glenbow-Alberta Institute, 1979), 6. Douglas Sprague et Ronald Frye, dans “Manitoba’s Red River Settlement: Manuscript Sources for Economic and Demographic History,” Archiavaria 9 (hiver 1979–1980): 184, font remarquer que, « selon certaines sources, lorsqu’une mère décédait, les enfants n’ayant pas encore atteint l’âge de la puberté quittaient généralement le foyer de leur père naturel pour être élevés par les tantes ou les grands-parents maternels ». Voir aussi Evelyn Fox Keller, citée dans l’ouvrage de Natasha Whitton, “Evelyn Fox Keller: Historical, Psychological and Philosophical Intersections in the Study of Gender and Science,” dans Women Writers: A Zine, à http://www.womenwriters.net/archives/whittoned1.htm.

[iii] Voir Sylvia Van Kirk, “Many Tender Ties”: Women in Fur-Trade Society ín Western Canada,
1670-1870 (Winnipeg: Watson and Dwyer Publishing, 1980), 3, pour obtenir des commentaires sur la diversité culturelle des femmes autochtones. Helen Hornbeck Tanner dans “Ojibwa,” Encyclopedía of North American Indians, éd. Frederick E. Hoxie (New York: Houghton Mifflin, 1996), 438, indique que « de nos jours, on emploie le terme Saulteaux dans les provinces de l’ouest du Canada pour parler des Ojibwas », alors que, selon Michael Johnson dans “Ojibwa/Chippewa,” Encyclopedia of Native Tribes of North America (London: Compendium Publishing, 2001), 44, « Beaucoup d’Ojibwas d’aujourd’hui préfèrent de plus en plus s’appeler Anishineabe [sic] ». Quant à John D. Nichols, dans “Ojibwa Language,” Encyclopedia of North American Indians, 440, il emploie l’orthographe canadienne traditionnelle de Anishinaabe qui, selon Hornbeck Tanner (à la page 439), signifie « Premier Peuple (ou Peuple original) ». Selon le Portail des Autochtones au Canada, http://www.aboriginalcanada.gc.ca/ (maintenant fermé) tel qu’il existait quand il a été consulté le 30 mai 2003, l’orthographe Anishinabe était tout aussi courante. Anishnaabe est actuellement couramment employé en ligne. Basil Johnston, dans Ojibway Heritage: The ceremonies, rituals, dances, prayers and legends of the Ojibway (Toronto: McClelland and Stewart, 1934), 15, utilise Anishnabeg. Fred J. Shore, dans “Cree,” Encyclopedia of North American Indians, 140, fait remarquer que « Pour se désigner, les Cris utilisent autant de noms qu’il existe de peuples cris différents, mais dans la plupart des cas, ces termes sont intraduisibles et les gens eux-mêmes ont également choisi le terme Cri »; voir Dion dans My Tribe the Crees, 1, qui explique qu’« il est devenu courant de parler du peuple Nehiyaw, ou peuple cri, pour n’importe quel peuple qui nous ressemble ».

[iv] Dans “Assiniboine,” Encyclopedia of North American Indians, 56-57, David Reed Miller, qui distingue les Assiniboines des Dakotas/Lakotas même s’ils sont étroitement liés, fait remarquer qu’en Alberta, les Assiniboines s’appellent aussi les Stoney; dans Recollections of an Assiniboine Chief, ed. James R. Stevens (Toronto: McClelland and Stewart, 1972), 10, 24, Dan Kennedy remarque que les Assiniboines de l’Alberta « s’appellaient eux-mêmes les Nakota, et les nombreuses bandes de ce grand groupe culturel portaient des noms différents ». Albert White Hat, dans “Lakota Language”, et Karen D. Lone Hill, dans “Sioux”, Encyclopedia of North American Indians, 328 et 590, traduisent le nom Oceti Sakowin par « The Seven Council Fires ». (En anglais) Sarah ‘Sally’ Timentwa, la femme d’Alexander Ross, de la colonie de la Rivière-Rouge, était Okanagan. Voir aussi Jay Miller dans “Salishan Languages” et Jacqueline Peterson dans “Plateau Tribes,” Encyclopedia of North American Indians, 564–565, et 485–489. Dans Encyclopedia of North American Indians, 152, Michael Johnson parle de Sinkaietk pour faire référence à l’Okanagan.