VIII – Commentaires de la presse canadienne

[traduction d’un extrait d’un article du Globe, décembre 1869]

De plus, nous avons entendu dire que certains de ceux qui ont reçu quelque peu de pouvoir ont déjà adopté des airs fanfarons et ridicules en allant travailler, comme si le fait d’être canadiens et d’avoir des postes officiels les rendait infiniment supérieurs aux misérables « serfs » de l’Ouest, et ils les honoraient bien trop lorsqu’ils prenaient des libertés indues avec leurs femmes et traitaient leurs filles comme si elles n’avaient pas de valeur. Ce danger social est aussi grave que n’importe quel autre danger. Deux ou trois nigauds mal dégrossis, présomptueux et prétentieux qui occupent des postes officiels et font la roue comme des paons en se donnant des airs feront en six mois parmi des gens fiers, impétueux et ignorants plus de dommages que ne pourront en réparer par la suite leurs supérieurs en se comportant de façon prudente et bienséante pendant six ans.

Des rumeurs arrivées jusqu’ici indiquent que des Canadiens qui auraient dû être plus sages se sont fait cravacher car ils le méritaient et si ces écervelés pensent que quelqu’un par ici va les soutenir dans leurs actions, ils se trompent absolument. La Rivière-Rouge n’a pas besoin qu’on lui envoie toutes sortes de descendants inexpérimentés et écervelés de la petite noblesse canadienne pour prendre ses postes officiels subalternes. Et si quiconque, Métis ou Anglais, pense que les Canadiens vont faire du Nord-Ouest un refuge où envoyer des hommes politiques dont on veut se libérer, ou un endroit pratique où les personnes influentes peuvent se débarrasser des garçons les plus bornés en leur obtenant une situation au sein de l’administration, avec un salaire convenable et sans rien à faire, il est tout à fait dans l’erreur.